L’épidémiologie de la gale en France métropolitaine de 2000–2014 : accélération de la recrudescence à partir de 2009

Research output: Contribution to journalAbstract

Authors

Colleges, School and Institutes

External organisations

  • Clinical Trials Research Unit, School of Health and Related Research, University of Sheffield, S10 2JF
  • IMS Health
  • Centre for Biological Sciences, University of Southampton

Abstract

Objectif

Comme beaucoup d’autres maladies infectieuses, la gale se transmet par contact et par conséquent est une maladie liée à la pauvreté et à la promiscuité. Des signaux suggérant une recrudescence de la gale en France se sont récemment multipliés. Cependant, il n’existe pas de données nationales et territoriales exhaustives, non plus que d’informations sur un comportement potentiellement cyclique de la gale. Cette étude a été entreprise pour répondre à ces questions.

Méthodes

Diagnostic et données de traitement pour les cas de gale en France de 2000–2014 ont été recherchés dans les dossiers médicaux électroniques anonymisés de la base de donnée « longitudinal patients database » (LPD ou IMS Real-World Data EMR-France, anciennement Thalès). Les cas de gale ont été modélisés en fonction du temps. Un modèle statistique de séries chronologiques intégrait à la fois la saisonnalité et les changements de tendance. Le risque relatif de survenue de la pathologie en fonction de l’âge et du sexe a été déterminé.

Résultats

Une saisonnalité post-estivale a été observée, mais il n’y avait aucune preuve de la nature cyclique à long terme de l’infection. Par contre, à l’échelle nationale et au cours de cette période de 15 ans (2000–2014) un changement marqué de tendance a été observé en 2009. Cette tendance était associée à une augmentation très prononcée des prescriptions d’ivermectine à partir de 2009. Les prescriptions de benzoate de benzyle augmentaient également de manière importante entre 2009 et 2011 pour diminuer à partir de 2012. L’incidence de la gale variait considérablement entre les départements, le département de Paris ayant l’incidence la plus élevée. Les départements points d’entrée et/ou limitrophes des pays voisins de l’Union européenne avaient également une incidence élevée. Le risque relatif (RR) de contracter la gale était le plus élevé pour les femmes entre 35–54 ans (RR 1,24), alors que les hommes de plus de 65 ans étaient plus à risque (RR 0,76).

Conclusions

Entre 2000 et 2014, un graphe en « crosse de hockey » montre une hausse considérable des cas de gale après 2009, associée à une augmentation marquée de la prescription d’ivermectine, seul scabicide remboursé par la Sécurité sociale.

Details

Original languageFrench
Pages (from-to)S302-S303
Number of pages2
JournalRevue d'Epidemiologie et de Sante Publique
Volume64
Issue number6
Early online date6 Dec 2016
Publication statusE-pub ahead of print - 6 Dec 2016